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Le GLAUCOME
le glaucome pose un problème majeur de santé publique.
Il représente aujourd’hui, sous toutes ses formes,
10 à 15 % des cas de cécité acquise dans
les pays industrialisés, soit la deuxième cause
après le diabète.
Le glaucome peut être en effet, une maladie insidieuse,indolore
et asymptomatique, se développant lentement, détruisant
de manière irréversible les fibres visuelles.
Lorsque les premiers symptômes apparaissent, il est en principe
trop tard pour agir efficacement .
Pas plus qu’il ne s’exprime par des symptômes,
le glaucome n’est l’exclusivité des seuls terrains
prédisposés. Le seul moyen de lutte efficace
passe par la découverte précoce de la maladie.
Les examens du diagnostic
Les examens de recherche du glaucome réalisés par
l’ophtalmologiste sont fiables, précis et, pour le
malade, rapides et indolores. Il s’agit avant tout de mesurer
la pression intra-oculaire, puis de rechercher au fond d’oeil,
d’éventuelles traces de détérioration;
enfin de déceler un rétrécissement du champ
visuel.
L’examen de la réfraction et l’examen du segment
antérieur au biomicroscope
L'étude de la réfraction et l'examen à la
lampe à fente constituent des préalables indispensables.
L’acuité visuelle est relevée et l’aspect
des structures de l’oeil soigneusement observé. Un
oculaire à coïncidence, monté sur le biomicroscope,
peut donner une mesure précise de la chambre antérieure.
La mesure de la pression intra-oculaire (PIO)
La mesure de la PIO se fait par aplanation de la cornée
par une sonde, après instillation d’un anesthésique
local . Cet examen est indolore.
L’apparition des tonomètres à air pourrait
profondément modifier les données du dépistage
en mettant à notre disposition un outil fiable, non contact,
et pouvant être utilisé par un non spécialiste.
Il est possible d’établir, par prises successives,
des courbes de tension oculaire nycthémérales, qui
pourront être une aide diagnostique précieuse (indispensable
pour établir le diagnostic de GPN), ou un élément
d’orientation au cours de l’évolution.
Le fond d’oeil
L'examen du fond d'oeil permet l’appréciation de
l’état de la papille optique et la recherche d’une
excavation. Il se pratique à l’aide d’un verre
de contact placé sur l’oeil du malade, ou d’une
loupe non-contact, autorisant un examen binoculaire en relief
.
La gonioscopie
La gonioscopie précise le diagnostic en montrant l’ouverture
de l’angle irido-cornéen. Elle se pratique grâce
à un verre de contact placé sur l’oeil du
malade.
L’exploration du champ visuel
La périmétrie reste l’examen indispensable
pour faire le diagnostic de la maladie et surveiller l’évolution.
Elle peut se faire suivant différentes techniques.
Les techniques récentes de périmétrie automatisée
(apparues voici environ 15 ans) permettent un dépistage
précoce et un suivi quantitatif . Cependant les techniques
manuelles classiques Goldmann ou Friedmann gardent leurs indications
dès que les altérations sont importantes, sans interdire
un suivi quantitatif.
Les autres examens
Bilan glucidique et lipidique, uricémie seront contrôlés,
une echo-Doppler pulsé couleur, un Holter tensionnel pourront
être utiles, voire des examens de la microcirculation. Des
études de la sensibilité aux contrastes, de la vision
des couleurs ou des PEV peuvent aider dans le diagnostic de formes
débutantes et l’attitude thérapeutique. Enfin
l’anneau neurorétinien pourra être évalué
par stéréophotographies ou par analyseur informatisé
de la papille
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Le traitement du glaucome
Il n’existe pas aujourd’hui de traitement étiologique.
Le but du traitement est d’abaisser la PIO,
et de protéger la vascularisation du nerf optique
Il existe tout au long de la journée une variation de la
pression intra-oculaire avec des pics pressionnels. Or, le
traitement du glaucome chronique à angle ouvert doit aboutir
à une baisse intra-oculaire constante à un niveau
idéal, dit « pression-cible », variable
d’un sujet à l’autre. L’ophtalmologiste
contrôlera régulièrement la stabilisation
des déficits du champ visuel, l’absence de modifications
de la papille optique, et seuls ces examens, associés à
une surveillance tonométrique fine lui permettront de définir
au mieux cette « pression-cible ». Il devient ainsi
le gestionnaire de la fonction visuelle dont les déficits
sont malheureusement irréversibles et seul le dépistage
précoce lui permet de ne pas avoir à gérer
la pénurie.
Les traitements médicaux
Ce traitement sera effectué la plupart du temps
sous forme de collyre à administration de une à
trois fois par jour (selon la durée d’efficacité
du collyre): chaque oubli correspondra à une absence momentanée
de protection et l’observance reste un souci majeur. L’ophtalmologiste
choisit parmi les collyres hypotonisants celui
ou ceux qui, étant les mieux tolérés, contrôlent
le mieux la pression intra-oculaire : bêta bloquants, myotiques,
adrénaliniques, inhibiteurs de l’anhydrase carbonique,
dérivés de la clonidine et des prostaglandines.
Si le traitement par un ou plusieurs collyres devient insuffisamment
efficace, il peut adjoindre un traitement per os par l’acétazolamide.
Dans le cadre de l’urgence (GFA) ou d’un traitement
déstiné à combattre l’hypertonie due
au laser, il pourra avoir recours à des agents osmotiques
(glycérol ou mannitol).
Les traitements chirurgicaux
Dans les cas où le traitement médical seul s’avère
insuffisant, et exceptionnellement avant 50 ans, l’ophtalmologiste
pourra proposer un acte pratiqué au laser à l’argon
ou au laser diode : la trabéculorétraction, qui
par des impacts au niveau du trabéculum, facilite l’élimination
de l’humeur aqueuse.
Dans les cas les plus rebelles ou dans les cas particuliers, une
intervention chirurgicale
sera conseillée. La trabéculectomie est
la chirurgie de référence, dans le GAO,
mais aussi dans le GFA passé à la chronicité,
toutefois, une nouvelle technique utilisable quand l’angle
irido-cornéen est bien ouvert : la sclérectomie
profonde, pourra lui être préférée,
car ses résultats sont comparables avec des complications
moindres (hypotonie, cataracte). L’intervention peut être
combinée à celle de la cataracte.
Nous avons déjà évoqué l’iridectomie
dans le GFA et la goniotomie pour le glaucome
congénital.
D’autres interventions fistulisantes utilisant des valves
ou des implants, des procédures de destruction du corps
ciliaire par cyclodiathermie ou cyclocryothérapie et plus
récemment par cylophotocoagulations au laser (diode ou
Nd: YAG) ou leur équivalent par ultrasons à haute
fréquence, peuvent être utilisés dans les
glaucomes réfractaires.
Les traitements vasculaires
Il arrive que l’aggravation périmétrique se
poursuive en dépit d’un bon contrôle tonométrique.
C’est dire l’importance de la recherche des facteurs
de risque vasculaire et de leur traitement par les inhibiteurs
calciques, éventuellement associés à des
antiagrégants plaquettaires et à d’autres
médications à visée vasculaire.
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